Dans les programmes dommages aux biens, la qualité et la justification des valeurs constituent aujourd’hui un levier central pour négocier des primes adaptées, en évitant aussi bien la sous-assurance que la sur-assurance.
Plusieurs études internationales montrent en effet que entre 60 % et 80 % des entreprises présentent des situations de sous-assurance partielle, principalement liées à des valeurs incomplètes, hétérogènes ou insuffisamment mises à jour.* Dans un contexte de marché plus contraint, cette réalité place les valeurs assurantielles au cœur des discussions entre entreprises, courtiers et assureurs.
Pour le Risk Manager, l’enjeu est très concret : ces valeurs conditionnent la compréhension du risque, les hypothèses de souscription et la qualité du dialogue avec les assureurs et les courtiers.
Dans la pratique, elles sont souvent construites à partir de sources multiples, à des rythmes différents selon les sites, avec des niveaux de détail hétérogènes.
La question devient alors centrale : comment produire une lecture consolidée et objective du patrimoine assuré, dans un format compréhensible et diffusable, sans alourdir excessivement la charge interne ?
C’est précisément ce que permet l’approche SENOEE : faire de la valorisation un outil de pilotage, en s’appuyant sur la puissance algorithmique mais uniquement parce qu’elle repose sur un socle robuste : la donnée issue des expertises préalables, structurée et normalisée.
*Source : Allianz Global Corporate & Specialty (AGCS) – Global Underinsurance Report ; Aon – Global Risk Management Survey.
Les valeurs assurantielles : un enjeu de plus en plus structurant pour les Risk Managers
Le rôle du Risk Manager s’exerce au croisement de trois contraintes : l’exigence de justification, la complexité des périmètres assurés et la nécessité d’arbitrer. Même lorsque les équipes internes réalisent un travail important, produire des valeurs homogènes et comparables reste difficile dès que l’organisation grandit, se transforme, acquiert des sites, change de périmètre ou opère dans plusieurs pays.
Ce qui est attendu aujourd’hui n’est pas seulement “une valeur” : c’est une valeur explicable, comparable d’un site à l’autre et suffisamment structurée pour être intégrée dans les échanges avec les partenaires assurance. À défaut, le programme devient plus difficile à piloter : priorisation incertaine, écarts difficiles à objectiver, discussions qui s’enlisent sur la méthode plutôt que sur la réalité du risque.
Valoriser site par site : une approche nécessaire, mais insuffisante à l’échelle d’une entreprise.
L’expertise préalable reste le socle du métier : elle apporte une lecture technique du site, des activités et des actifs et constitue une base de référence fiable.
Elle est indispensable pour qualifier le réel, documenter les hypothèses et établir une valeur dans un cadre rigoureux.
La difficulté apparaît lorsque l’organisation doit passer à l’échelle.
Selon la FERMA, plus de 65 % des Risk Managers européens déclarent rencontrer des difficultés à consolider leurs valeurs à l’échelle multi-sites, notamment en raison de méthodes hétérogènes, de référentiels différents et de rythmes d’actualisation non alignés.*
Or, quand les données sont dispersées, quand les méthodes diffèrent d’un site à l’autre, et quand les niveaux de détail ne sont pas homogènes, la consolidation devient un exercice lourd, parfois fragile et rarement diffusable tel quel aux prescripteurs.
L’enjeu n’est pas de remplacer l’expertise ; il est de prolonger sa valeur à l’échelle du parc assuré.
*Sources FERMA –European Risk Manager Survey ; Marsh – Property Insurance Market Update
La valorisation algorithmique : un levier de cohérence fondé sur l’expertise préalable
Chez SENOEE, la valorisation algorithmique ne correspond pas à une estimation “automatique” déconnectée du terrain. Elle repose sur une logique opposée : partir d’informations fiabilisées issues d’expertises préalables, puis structurer et normaliser ces données pour constituer un référentiel algorithmique unique.
Cette étape est décisive. Les données collectées lors des expertises préalables, une fois structurées et normalisées, deviennent une base exploitable à grande échelle : elles alimentent des modèles conçus pour contrôler la cohérence des valeurs déclarées et proposer des estimations précises et comparables, fondées sur des sites et activités déjà expertisés.
C’est là que l’algorithme prend tout son sens pour un Risk Manager : il apporte une cohérence méthodologique à l’échelle multi-sites et rend la comparaison possible dans un cadre homogène. Les résultats ne sont pas seulement “des chiffres de plus”.
Ils s’inscrivent dans un format qui reste aligné avec les rapports classiques d’expertise préalable, donc lisible, traçable et justifiable dans l’écosystème assurance.
En pratique, la promesse de valeur est simple : transformer une somme d’informations terrain en une lecture consolidée et objective du patrimoine assuré, exploitable pour piloter, expliquer et arbitrer.
Cette exigence de cohérence est d’autant plus forte que les valeurs évoluent rapidement sous l’effet de facteurs exogènes.
Entre 2020 et 2023, les coûts de reconstruction ont augmenté de 20 à 35 % en moyenne en Europe*, sous l’effet combiné de l’inflation des matériaux, des tensions sur la main-d’œuvre et de l’évolution des normes.
Dans ce contexte, une valorisation figée perd rapidement en pertinence. La valorisation algorithmique permet précisément d’inscrire les valeurs dans une logique de pilotage, en s’appuyant sur des données issues d’expertises réelles, structurées et comparables, plutôt que sur des ajustements ponctuels ou déclaratifs.
*source : Marsh – Global Property Insurance Update; Swiss Re – Sigma Report on Property Inflation
Comment la valorisation algorithmique SENOEE est utilisée pour piloter les valeurs
Une fois le référentiel constitué, la valorisation algorithmique SENOEE se met au service de deux usages qui répondent directement aux contraintes des Risk Managers :
- D’abord, elle permet de contrôler la cohérence des valeurs déclarées. L’objectif n’est pas de “corriger” pour corriger : il s’agit d’objectiver, de détecter les écarts significatifs, de rendre visible ce qui mérite une attention prioritaire et de donner une base plus structurée aux échanges.
- Puis elle rend possible des estimations pour des sites non expertisés, en s’appuyant sur les informations issues des sites déjà expertisés et sur une donnée normalisée. Cette capacité répond à un besoin fréquent : disposer d’une lecture cohérente à l’échelle du périmètre assuré, y compris lorsque l’entreprise ne peut pas expertiser immédiatement chaque site selon le même niveau de profondeur.
Dans les deux cas, l’approche vise un résultat très opérationnel : des valorisations homogènes, comparables, et présentables dans un format justifiable.
Elle réduit également la charge pour les interlocuteurs internes (directions financières, techniques, immobilières), souvent sollicités pour reconstituer des données à partir de valeurs comptables (acquisition, amortissement) qui ne sont pas toujours adaptées aux besoins assurantiels.
Enfin, SENOEE prévoit différents niveaux de valorisation afin d’aider les organisations à optimiser le temps et les budgets alloués à l’évaluation du patrimoine, tout en installant une logique d’amélioration continue dans le temps.
Les classes de valorisation : un langage commun avec les assureurs
Un point est souvent sous-estimé dans la gestion des valeurs : la qualité du dialogue dépend aussi de la capacité à qualifier le niveau de valorisation.
Une valeur n’a pas le même poids, ni la même vocation, selon qu’elle résulte d’une expertise approfondie sur site, d’une consolidation structurée, ou d’une estimation fondée sur un référentiel algorithmique.
Pour garantir une communication claire avec les partenaires assurance, nous avons défini une classification structurée des niveaux de valorisation. Cette même classification situe chaque estimation dans un référentiel commun, ce qui facilite la lecture, la comparaison et l’intégration dans les processus de souscription et de renouvellement.
Classification structurée des niveaux de valorisation

Certains niveaux de valorisation s’appuient sur des référentiels reconnus à l’international, notamment ceux de l’American Cost Engineering Association (ACE) dans le cadre des valeurs dommages aux biens. Cette compatibilité renforce la clarté des échanges, en particulier dans des environnements internationaux.
Ce que cela change concrètement pour les Risk Managers
L’intérêt de la valorisation algorithmique ne réside pas dans le fait d’introduire un “outil” de plus, mais dans la capacité à mieux piloter.
Pour un Risk Manager, cela se traduit par une lecture consolidée et objective du patrimoine assuré, avec des valeurs homogènes et comparables sur l’ensemble du périmètre.
Cette cohérence facilite la priorisation : identifier les zones où le niveau de valorisation doit être renforcé, distinguer les sujets critiques des ajustements mineurs et construire une trajectoire progressive plutôt que de tout traiter en une fois.
La qualité de la discussion avec les partenaires assurance évolue également. Des valeurs traçables et justifiables, dans un format homogène, améliorent la lisibilité du dossier et renforcent la capacité à expliquer les hypothèses.
Le débat se déplace : moins de temps passé à reconstituer ou harmoniser, plus de temps consacré aux arbitrages utiles.
Enfin, l’organisation gagne en continuité. La donnée structurée devient un référentiel, et non un livrable ponctuel. C’est ce qui permet, année après année, de piloter plutôt que de recommencer.
La valorisation algorithmique, telle que nous l’abordons n’est pas une promesse technologique. C’est une approche méthodologique fondée sur l’expertise préalable, la structuration de la donnée et des algorithmes propriétaires capables de produire des valorisations homogènes, traçables et justifiables à l’échelle d’un parc multi-sites.
Vous souhaitez évaluer votre niveau de cohérence actuel, clarifier vos besoins de pilotage ou structurer une trajectoire de valorisation adaptée à votre périmètre ?
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