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Marché TRE 2026 : pourquoi la baisse des primes d’assurance risques industriels ne profite pas à toutes les entreprises 

Marché TRE 2026 : pourquoi la baisse des primes d’assurance risques industriels ne profite pas à toutes les entreprises 

Vos valeurs assurées tiennent-elles face au marché 2026 ?

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Sommaire

Depuis fin 2024, les conditions du marché TRE s’assouplissent. Les primes reculent de 8 % en Europe au quatrième trimestre 2025.

Des accords pluriannuels refont surface et les assureurs se montrent plus compétitifs.  C’est une bonne nouvelle même si elle cache une réalité moins confortable car ce retournement n’est pas profitable à tout le monde. Il récompense une catégorie précise d’entreprises ; celles qui se présentent au marché avec un dossier de souscription technique solide, des valeurs assurées justifiées, des données exploitables. Les autres continuent de subir des conditions durcies

Nous avons analysé les données disponibles  France Assureurs, Marsh, Verlingue, Swiss Re, AXA XL (…)pour identifier les quatre tendances de fond qui structurent ce moment charnière du marché de l’assurance dommages aux biens des entreprises industrielles.

Sinistralité TRE 2024-2025 : une dégradation structurelle qui redéfinit la sélection des risques industriels 

Le premier fait à intégrer est contre-intuitif : le retournement de marché se produit dans un contexte de sinistralité TRE qui continue de se dégrader compenser par une disponibilité de capitaux. C’est une tension que les assureurs gèrent en affinant leur sélection des risques et pas en baissant leurs exigences. 

  • En 2024, la fréquence de sinistres TRE atteint 485 % soit 4,8 fois la fréquence constatée sur les contrats standards.
  • Le coût moyen d’un sinistre progresse de 3,9% pour atteindre 19 534 €.
  • La charge sinistralité globale accuse une hausse de 16 % par rapport à 2023.
  • En 2025, elle ressort à +25 % au-dessus de la moyenne décennal en faisant la 2ème année la plus coûteuse en vingt ans avec 935 M€ de charge hors sinistres urbains. 

Sur le segment des sinistres graves (≥ 2 M€), 210 dossiers ont été ouverts en 2024 hors CatNat, pour une charge totale de 1 264 M€. Les causes restent dominées par l’incendie (environ 48 % des cas), devant les risques ATEX (15 %) et les dégâts des eaux (25 % en fréquence). 

Face à une sinistralité qui s’intensifie, les assureurs ne baissent pas leurs exigences de souscription ils les déplacent. La connaissance précise des process industriels, des niveaux de protection incendie et de l’état réel des équipements est devenue un prérequis à la souscription. 

Baisse des primes assurance TRE 2026 : un retournement tarifaire réel mais réservé aux meilleurs risques industriels  

Depuis 2017, le marché TRE français a connu un durcissement tarifaire continu. Certains assurés ont subi des augmentations de prime de +250 % entre 2019 et 2025, avec des franchises atteignant jusqu’à 50% de la valeur assurée. 

Le quatrième trimestre 2024 marque un point d’inflexion. Les taux de property insurance ont baissé de 9 % au niveau mondial et de 8 % en Europe sixième trimestre consécutif de recul. En France, les grands comptes bénéficient d’une compétitivité accrue entre assureurs. Des baisses de 5 à 10 % sont envisageables pour les meilleurs risques. Des accords pluriannuels LongTerm Agreement (LTA) 2 ans font leur retour, et les meilleurs profils peuvent envisager des LTA 3 ans. 

Les risques sensibles (agroalimentaire, bois et papier non sprinklés, déchets et recyclage, batteries lithium-ion, traitement de surface) continuent d’enregistrer des hausses de +10 à +20 %, voire se retrouvent en difficulté de placement. 

La ligne de démarcation entre un risque qui profite du retournement et un risque qui subit encore le durcissement tient souvent à deux facteurs seulement : la présence d’un dispositif de sprinklage et la qualité du dossier de souscription présenté. 

Sous-assurance industrielle 2026 : la dérive silencieuse des valeurs assurantielles et ses conséquences réelles 

IRI et IBM 2026 : comment interpréter les indices de réindexation pour éviter la sous-assurance 

La sous-assurance est l’un des risques les plus insidieux du pilotage assurantiel. Elle s’installe progressivement, à mesure que les coûts de reconstruction évoluent sans que les capitaux assurés suivent. 

L’Indice Risques Industriels (IRI), publié par France Assureurs, atteint 7 407 au 1er avril 2026 (+1,1 % sur un an). L’Indice Bris de Machines (IBM) s’établit à 1 338,9 (+2,1 %). Ces progressions annuelles semblent modestes, mais elles s’inscrivent dans un contexte de fort pic inflationniste en 2022-2023. Une entreprise qui n’a pas actualisé ses capitaux depuis 2019 ou 2020 peut présenter une sous-assurance de 20 à 30 % sans le savoir, jusqu’au sinistre. 

Sous-assurance et sur-assurance : deux risques symétriques à piloter pour les entreprises industrielles 

Un bâtiment industriel assuré 800 000 € alors que sa valeur réelle est de 1 000 000 € : en cas de sinistre entraînant 150 000 € de dommages, l’indemnisation sera de 120 000 €. Les 30 000 € restants restent à charge de l’entreprise sans exclusion formelle, par simple application du contrat 

Le plus grand écart constaté par Senoee en expertise préalable (un rapport de 1 à 5 sur plusieurs dizaines de millier d’euros) 

La dérive symétrique existe aussi. Par excès de prudence ou manque de maîtrise méthodologique, des valeurs surestimées de 20 à 50 % pénalisent directement les primes sans apporter de bénéfice de couverture supplémentaire. Le plus grand écart constaté par Senoee en expertise préalable (40%, sur plusieurs centaines de millions d’euros) 

Dans les deux cas, l’écart entre valeur déclarée et valeur réelle est invisible dans les tableaux de bord jusqu’au moment où il compte vraiment. 

Dossier de souscription assurance industrielle : comment les données techniques font la différence tarifaire en TRE 

C’est la tendance la plus structurante de ce cycle et la moins souvent nommée clairement. Les assureurs TRE ne se contentent plus de la liasse déclarative standard. Ils exigent des données d’ingénierie : sprinklage, conformité ICPE, état de maintenance des équipements critiques, localisation précise des actifs. 

Le sprinklage reste primordial pour l’industrie en TRE. Un site non sprinklé dans une activité à risque peut se voir appliquer des majorations de prime de 10 à 20 %, des franchises élevées, voire un refus de couverture. À l’inverse, un plan de prévention bien documenté peut générer une réduction de prime de 5 à 20 %. Un écart qui justifie largement l’investissement dans la structuration des données. 

L’appétit des assureurs en 2026 est fortement différencié selon les secteurs. Certains bénéficient d’un accueil très favorable — énergie, data centers, pharmacie. D’autres restent sélectifs; agroalimentaire sprinklé, automobile. D’autres encore sont difficiles à placer : déchets et recyclage, batteries lithium-ion, bois/papier non sprinklé. 

Pour les acteurs des secteurs sélectifs ou difficiles, la qualité du dossier est souvent ce qui fait la différence entre un risque placé et un risque refusé. Et même pour les secteurs favorables, c’est ce qui détermine si l’entreprise capture les meilleures conditions disponibles ou se contente de conditions standard. 

Ce que le marché TRE 2026 implique concrètement pour le pilotage des valeurs assurantielles  

Ces quatre tendances convergent vers un même constat : dans le marché TRE 2024-2026, le levier de compétitivité n’est plus uniquement tarifaire. Il est documentaire, analytique et surtout préventif. 

Les entreprises qui captent les meilleures conditions du cycle sont celles qui ont investi dans la qualité de leur référentiel patrimonial valeurs actualisées sur des bases méthodologiques homogènes, données techniques structurées, dossier lisible et défendable d’un site à l’autre. 

Celles qui ne l’ont pas fait ne bénéficieront pas mécaniquement du retournement. Elles subiront encore les conditions durcies sans toujours en comprendre la cause. 

La donnée technique est devenue un actif stratégique. Pas un avantage optionnel. Un prérequis pour capter les conditions que le marché rend aujourd’hui disponibles.  

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Sources utilisées : France Assureurs, Bilan Dommages aux Biens TRE 2024 (août 2025) · France Assureurs, Indices de Réindexation IRI/IBM (avril 2026) · Marsh, Global Insurance Market Index Q4 2025 · Verlingue, Panorama Assurances Entreprises 2026 · Swiss Re, Natural Catastrophe and Reinsurance Market Reports 2025 · AXA XL, Market Guide France 2025-2026 · Rapport Sénatorial sur l’assurabilité des risques industriels, juin 2025 · LFI 2025 (surprime CatNat) · Mes Solutions Mercer, 2026 pas toutes utilisées dans ce résumé

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